Au pays du soya, le gésier est roi

Le péage érigé dans ce village du Nyong et Kellé, sur l’axe lourd Douala-Yaoundé, serait un vivier de la production et commercialisation de cette partie du poulet. Il faut s’y arrêter pour découvrir le contraire. Quoique !

Ce n’est pas du livre « Les femmes mariées mangent déjà le gésier », publié en 2013 aux éditions Ifrikya, de l’écrivain camerounais Marcel Kemadjou Njanke donc il est question dans ce billet. Non. Il est question de cette escapade à Boum-Nyebel ; cette petite ville située entre les deux capitales (politique et économique) du Cameroun. Difficile d’aller de Yaoundé pour Douala (vis-versa), en voiture, sans y faire un break. Même le passager plongé dans un sommeil comateux se réveille dès qu’il est au niveau du péage de cette localité.

Premier signal fort : le cri des vendeurs qui courent aux abords des fenêtres. Ils brandissent leurs marchandises. Très bon prix (?) ! Second signal est cette grosse voix d’homme. Toujours au rendez-vous. On dirait qu’il n’a jamais problème à régler quelque part. C’est un vrai gars des mapanes. « Tonton Domche », il se nomme. Bien sanglé dans sa blouse blanche, il propose les brochettes de gésier. 100 Fcfa l’un. A peine le bus s’est immobilisé, qu’il a déjà fait irruption. Il apostrophe tout le monde et à tour de rôle tout en vantant les délices de ses brochettes au piment : « Gésier bien chaud à 100 Fcfa. Très bon pour la santé surtout avec du piment maman. J’emballe combien pour le voyage ? ». Première remarque, c’est le niveau hygiénique de ce produit commercial. Pas de protection contre les microbes. Et les raisons ne tardent pas à être données. « Quelle protection veux-tu grand frère ? On enlève la viande directement du feu pour le proposer aux clients. Le feu tue les microbes mon frère. Si tu ne veux pas acheter mes brochettes, tu laisses », rétorque un autre vendeur de brochette qui s’appellerait Johny.

Lire aussi : Comme au paradis

Chose curieuse, c’est la permanence de la vente, dit-on, du gésier de poulets à cet endroit. A toute heure et à tout temps. Etonnant ! Une passagère d’expliquer qu’il ne « s’agit pas seulement du gésier. Mais d’un mélange de viandes vendu aux passagers. C’est soi du poulet ou du bœuf qu’ils vendent et parlent à tout moment du gésier. La dernière fois, je voulais manger ce gésier mais, je me suis retrouver entrain de bouffer du mouton ». Il faut y voir plus clair. Aller à la rencontre des commerçants pour savoir exactement quelle quantité de poulets écorchent-ils ? « Nous n’écorchons presque pas de poulets ; il y a des personnes qui viennent nous les livrer. On achète aussi les autres poulets dans les poissonneries qu’on transforme en brochette pour les commercialiser chaque jour », souligne Johny avant d’ajouter : « On ne fait pas que le gésier ici. On vend aussi les brochettes de bœufs et de d’autres viandes même le rôti de poulets ».

Pour son acolyte, la mise en exergue du gésier est due à son côté brisé par les camerounais en général et les voyageurs en particulier. Raison pour laquelle, « nous sommes obligés de le mettre en avant afin de mieux vendre parce que ce sont les passagers qui nous font la recette. Sans eux, nous ne sommes rien. On a les gésiers mais en nombre insuffisant mais, c’est de la viande bien connu et bien faite. Ils ne devraient pas se plaindre », ajoute un vendeur. Une thèse soutenue par Pierre Koloko, un client régulier sur cet axe routier : « La viande c’est la viande, du moment où elle est bien faite. Je suis commerçant et je voyage au moins une fois par semaine sur cette route. Je ne peux pas passer ici sans m’arrêter pour déguster les brochettes ». Qu’il y ait tromperie ou pas sur la marchandise, le péage de Boum-Nyebel garde son statut de site par excellence de la « vente du gésier ». Voilà pourquoi au pays du soya, le gésier est roi. Bon appétit !

Frank William BATCHOU

A Boum-Nyebel

Frank William Batchou

Jeune camerounais dynamique et travailleur. Homme à plusieurs casquettes : Journaliste, Blogueur, Social media, manager de l’artiste PAPY ANZA et co-founder de F Square Corporation

5 pensées sur “Au pays du soya, le gésier est roi

  • 30 mars 2017 à 13 h 28 min
    Permalink

    😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂ekieiuu

    Répondre
  • 30 mars 2017 à 13 h 49 min
    Permalink

    Et pour conclure bon appétit !!!😂😂
    Vence, je t’invite à venir manger du bon chat, spécialement venu de Dakar par Asky !!!😂😂

    Répondre
    • 30 mars 2017 à 13 h 54 min
      Permalink

      😳😳😳 c’est de quel côté ?

      Répondre
  • 14 avril 2017 à 19 h 34 min
    Permalink

    As I website possessor I conceive the articles here is really superb, appreciate it for your efforts.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *