Chronique d’un voyage kamikaze (5)

Dans les #Mapanes, il se raconte  un tas d’histoire sur le phénomène Boko haram dans la région de l’Extrême-nord du Cameroun. Nous avons pensé aller vivre ça en direct. Enquêter sur le phénomène. Sauf que l’aventure s’est déroulée autrement. Bienvenu dans le #Toli du mapaneur.

Le voyage en train au Cameroun se présente souvent comme le plus difficile. En occurrence sur le trajet Yaoundé – Ngaoundéré ou vis-versa. On voyage comme on peut. Que l’on dorme à même le sol ou voyage pendant plus de douze heures d’horloge debout (Lire ce billet précédent), l’essentiel est d’arriver. Avant de monter à bord du train, précisément à la gare principale de Yaoundé, il faut être prudent. L’escroquerie ou mieux l’arnaque est la religion première. Tant au niveau du service d’enregistrement des bagages, communément appelé service fourgon par les voyageurs, qu’à l’entrée des wagons par les agents de sécurités. Ceux de « Secur » ont la palme d’or du « raquettage ». Les femmes étant leur principale cible. A ces gars, on s’excuse pour la lenteur d’organisation de la cérémonie des awards au cours de laquelle, vous recevrez votre précieux trophée. Comme disent les Nigérians : « No wahala » !

Nous sommes le 17 août 2014. Il est 14h30. Le service fourgon est ouvert. Les premiers passagers se bousculent, avec l’aide des porteurs aussi nombreux dans la place, pour enregistrer leurs bagages. L’étiquetage commence par la pesée dans cette salle. En dehors du peseur, personne d’autre ne voit le nombre de kilo du bagage indiqué par la balance. Et pan, un prix forfaitaire vous ait plaqué à l’œil : « Ton sac fait 10 kg madame et ça fait 4.000 Fcfa. Je n’ai pas le temps à perdre, il y a beaucoup de personnes », lance avec désinvolture le peseur. C’est le début des supplications. Rien ! « Si tu ne veux pas payer, je te remets mon sac ». Pendant que je sillonnais à la gare, j’ai fait la rencontre d’une « liane ». On se pointe pour la pesée. Notre sac pèse 27 kg. Le mec nous demande 6.000 Fcfa et se pointe avec le ticket blanc. En réalité, le ticket blanc signifie que ton colis est gratuit parce que moins de 50 kg. Mais ici, du chef et dernier subalterne, on réclame de l’argent aux clients. Même quand c’est plus de 50 kg, les gars prennent l’argent et te plaque le ticket blanc. A votre arrivée à Ngaoundéré, vous êtes stoppés par les agents locaux et vous êtes obligés de repayer. Je suis certain que ses gars tontinent au moins de 30.000 Fcfa par jour.

17h30. Les portes sont ouvertes. Les passagers sont priés d’aller prendre place à bord du « Tchouk-tchouk ». A l’entrée des wagons, des vigiles vérifient les tickets d’embarcation. La « liane » se pointe tenant entre ses mains un petit sac contenant un « mixeur ». Elle est bloquée à l’entrée par le vigile de Secur. Celui-ci lui demande de faire un geste, 500 Fcfa minimum, avant d’accéder dans le wagon. Car, dit-il, « Si tu ne veux pas me donner une bière (500 Fcfa minimum, Ndlr) avant d’entrer, va le mettre au fourgon. Les appareils sont interdits à bord du train ». Je vole encore au secours de la liane. Quelle est la note de service qui mentionne cela ? La tension a commencé à se faire grande. Les éclats de voix également. Craignant de perdre son boulot en cas de constat, il laisse entrer la fille en lui disant : « Ne pense pas que j’ai peur de ton gars, hein. Je te laisse cette fois parce que je veux. Entrez et laissez-moi faire mon travail ». Oui… ton travail. Celui d’arnaquer les passagers. Malheureusement, je ne pouvais pas défendre tout le monde à l’entrée de tous les wagons. Des choses à revoir par Camrail.

Dans les wagons pendant le voyage, c’est un autre haut lieu de la magouille. Les passagers qui entrent en cours de route n’ont pas de ticket. Il faut en acheter auprès du contrôleur. Mais, ces derniers réussissent, avec la complicité des vigiles et certains hommes en tenue à qui on remet 500 Fcfa à chaque contrôle, pour déjouer la vigilance du contrôleur. Cela s’est encore vérifié au retour avec ses passagers pris à Ngaoundal pour Yaoundé. Faute de ticket, ils ont préféré descendre à Obala et continuer autrement. Un appel au réveil des responsable ce jour. Demain, on évoque un parcours plutôt compliqué sur le tronçon Yaoundé – Douala avec cet accident qu’on a loupé de justesse dû à une panne au niveau de la roue motrice de notre bus. On a eu chaud ! A demain !

Frank William BATCHOU

A Yaoundé

Chronique d’un voyage kamikaze (6) ici

Frank William Batchou

Jeune camerounais dynamique et travailleur. Homme à plusieurs casquettes : Journaliste, Blogueur, Social media, manager de l’artiste PAPY ANZA et co-founder de F Square Corporation

10 pensées sur “Chronique d’un voyage kamikaze (5)

  • 1 septembre 2014 à 17 h 10 min
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    Tous les services ou les institutions du cmr fonctionnent à l image du cmr c est à dire la tete en bas,les pieds en haut!!!

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  • 1 septembre 2014 à 17 h 11 min
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    Comment ça les pieds en haut Frederic Mfom. je ne comprends pas bien

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  • 1 septembre 2014 à 19 h 05 min
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    A l envers, pas normalement…

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  • 2 septembre 2014 à 0 h 27 min
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    c est normal o kmer

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  • 2 septembre 2014 à 12 h 51 min
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    pardon nos grand parents sont morts sur ces rails dc on donne ce kon a c mm koi?! krkrkrkrkrkrkrkrk

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  • Ping : Chronique d’un voyage kamikaze (4) | Le toli des mapanes

  • 2 septembre 2014 à 23 h 12 min
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    exigez qu’on vous délivre un reçu, si vous ne le faites pas , vous êtes artie prenante à cette magouille

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  • 2 septembre 2014 à 23 h 13 min
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    Il était justement obligé à la fin de mettre ça au fourgon comme colis express. Ce qui veut dire une paie normale avec un reçu par la suite.

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  • Ping : Chronique d’un voyage kamikaze (6) Fin | Le toli des mapanes

  • 14 avril 2017 à 18 h 34 min
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