Kotto Bass : Un Jésus peut en cacher un autre

21 ans déjà qu’il est mystérieusement décédé. Un roman revient sur la vie de l’emblématique et talentueux bassiste camerounais Kotto Bass.

Ce n’est pas un blasphème. Juste une ressemblance. Les deux hommes sont aujourd’hui des défunts. Indiscutable. Tous deux, ils sont décédés à l’âge de 33 ans. Le premier, Jésus Christ, a traîné sa croix à Golgotha pour laver les iniquités des Hommes. Le deuxième, Nyamsi Kotto Roger alias Kotto Bass, a traîné la sienne pour le bonheur des mélomanes et de la musique camerounaise. Malgré son handicap ! Un exemple à suivre ! Idem, les deux « missionnaires » n’ont pas eu le temps de jouir du fruit de leur dur labeur. Comme si cela ne suffisait, ils sont revenus à plusieurs reprises, après leur mort, parler à des proches. Le Christ à ses disciples, et Kotto Bass à sa nièce Danielle Eyango. Mieux, sa « fille » adorée ! Cette visite nocturne, 11 ans durant, a été « une visite de psychologue pour abaisser cette haine que j’avais dans le cœur. Tonton « Vieux » (le petit nom de Kotto Bass) peut désormais reposer en paix. Pas parce que ce livre est sorti mais parce que je suis guérie », soutient Danielle Eyango, auteure du roman « Kotto Bass Comme un oiseau en plein vol ».

Dédicacé pour la première fois le 20 novembre 2012 à l’Ifc-Douala, ce roman sera à nouveau dédicacé ce 9 septembre 2017 à la Fnac de Douala. Le bénéfice des ventes de ce livre permettra d’envoyer un enfant handicapé de famille pauvre à l’école cette année. Très belle initiative. En attendant, revenons à notre bouquin.

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Cette œuvre évoque l’amour entre cette nièce et son oncle (Nous y reviendrons de fond en comble). La mort de ce tonton a traumatisé la petite et a fini par l’a renfermé dans un cocon. Danielle conte l’histoire, de manière entrecoupée, les larmes aux yeux : « J’avais 14 ans quand mon oncle est décédé. Ma douleur a été vicieuse et lente jusqu’en 2000 quand mes amis de la fac à l’Université de Buea me rappelle que je suis très hautaine et renfermée. Je sortais de ma chambre pour l’amphi et vis-versa. Dès lors, j’ai commencé à recevoir la visite de tonton qui m’a dit d’écrire la chanson qu’il exécutait. J’ai toujours refusé jusqu’au jour j’ai accepté de le faire ». Rédactrice de chansons dictées par tonton. Elle a fait ce job entre 2000 et 2011. Comme pour confirmer qu’en Afrique, en reprenant l’écrivain Birago Diop, « les morts ne sont pas morts ». Lors de leur dernière rencontre, « il a pris le manuscrit que j’avais écrit, il a feuilleté, il a ri et m’a dit que l’oiseau peut désormais prendre son envol. Je lui ai dit que tu es mon oiseau. Il m’a dit, non c’est toi mon oiseau ». Flippant et émouvant à la fois !

Chaque 20 novembre, les chaînes de radio camerounais diffusent à profusion ses chansons. Une façon de lui rendre un hommage et rappeler qu’un « (vrai) artiste ne meurt jamais. Il est éternel ». Des témoignages, sont faits à chaque fois. Pas assez parce qu’il en faudrait des années pour tout éplucher la vie de cet homme mythique, bassiste-chanteur émérite et chef d’orchestre du « Makassi band ». Le rossignol qui a vendu 100.000 exemplaires dès la sortie de son premier album et obtenu, sans surprise, le disque d’or de l’année 1994. L’heure de la récolte des fruits juteux de ce jardin musical tant labouré avait sonné. Des concerts annoncés en Europe. Mais, le jeune « oiseau plein d’avenir a été mystérieusement foudroyé en plein vol ». Par des ennemis, dit-on. C’était vers 6 heures du matin, ce 20 novembre 1996. Date mémorable. Kotto Bass est parti. Sans dire au revoir. Son camarade de galère Marco Bella avait promis, avec l’aide des autres artistes, de produire un disque au nom du défunt dans les prochains jours. Cinq années se sont écoulées. Comme l’enfant de Cirage évoqué dans la chanson « la suite de l’enfant » du groupe Les maxtones du Littoral, on attend toujours !

Frank William BATCHOU

Frank William Batchou

Jeune camerounais dynamique et travailleur. Homme à plusieurs casquettes : Journaliste, Blogueur, Social media, manager de l’artiste PAPY ANZA et co-founder de F Square Corporation

7 pensées sur “Kotto Bass : Un Jésus peut en cacher un autre

  • 5 septembre 2017 à 17 h 19 min
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    Hummm
    Sacré rapprochement

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    • 5 septembre 2017 à 17 h 23 min
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      Qui n’a fort heureusement rien de blasphermatoire 😊😊

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  • 5 septembre 2017 à 18 h 05 min
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    Je t’assure
    C’est nickel
    Je viens de finir de lire
    T’es le meilleur dans ce domain

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  • 5 septembre 2017 à 18 h 39 min
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    😂
    Très grave walaï

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  • 5 septembre 2017 à 18 h 55 min
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    j’adore cet article

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