Pour Bamenda, je porte plainte

Cette situation vécue à Bamenda, il y a quelques jours, place cette belle nation sur un fil fébrile qu’on ferait mieux de changer le plus-tôt possible. En attendant, je me présente à la barre comme plaignant. Voici pourquoi.

 

 

On a frôlé le pire à Bamenda. Pour une simple grève des enseignants, on a vu des milliers de personnes descendre dans la rue pour manifester. Chacun ayant sa raison à lui. Comme toujours, l’armée est sortie comme en temps de guerre pour réprimer avec violence. Les plus avertis parlent d’un mort et de plusieurs blessés enregistrés. Je ne reviendrai pas de fond en comble sur cette manifestation à laquelle je n’ai même pas été spectateur parce que très loin de cette ville. Néanmoins, je profite de la situation pour enfin introduire ma plainte. J’ignore si mon avocat sera anglophone ou francophone. On verra bien au terme de la lecture de ma plainte.

Profitant de cette situation difficile (dieu merci, l’accalmie reprend droit de cité dans cette belle ville que j’adore) à Bamenda, je porte plainte contre ceux qui organisent des manifestations sans discipline et encadrement comme ça se voit sous d’autres cieux. Cela permettra, même si les « tous puissants » de cette nation verront ça d’un mauvais œil, d’éviter de passer d’une revendication normale et pacifique à un désordre total.

Je porte plainte contre les forces de l’ordre qui répriment sauvagement et violemment une manifestation pacifique afin de justifier leur loyauté. Pourquoi mater vos frères au lieu de veiller pour qu’il n’y ait pas de dérapages durant cette revendication qui ne pourra pas durer une semaine ?

Je porte plainte contre ces jeunes inconscients qui profitent d’une revendication pacifique (des enseignants et avocats anglophones) pour tout casser et brûler sur leur chemin. Loin d’être amnésique, c’est avec votre argent (devant servir à l’investissement des œuvres futuristes de ce pays) qu’on utilisera pour tout reconstruire. Pendant ce temps, vous allez encore vous plaindre de la pauvreté, du manque d’emploi… Ne soyez donc pas surpris qu’on augmente les taxes (même si ça m’énerve) et que le timbre communal passe de 200 Fcfa à 600 Fcfa. Vigilance !

Je porte plainte contre ceux qui veulent semer la zizanie entre les enfants (anglophones et francophones) de la même mère nommée CAMEROUN. Ça ne vous portera pas bonheur demain. Le cas du Soudan devrait vous servir de leçon. Que ce soit dans les parties anglophone ou francophone, l’harmonie doit régner. L’AMOUR et rien que de l’AMOUR !

Je porte plainte contre ceux qui parlent de bilinguisme dans nos écoles sans prendre des mesures appropriées pour qu’on vive véritablement ce bilinguisme. Passez une journée dans nos écoles, prenons la peine de discuter avec les enseignants de nos enfants et vous verrez le leurre (Je reviendrai sur mon exemple un de ses jours dans un autre billet). Le Rwanda a pris l’initiative d’imposer l’anglais comme une langue officielle au côté du français existant et ça à marcher. Le Cameroun peut faire autant pour le bilinguisme. Ce ne sont pas les moyens qui manquent.

Je porte plainte contre ceux qui organisent urgemment et sur exigence les états généraux de la justice en oubliant les autres secteurs mal-en-point de la société comme la santé, la culture, le sport, l’agriculture… D’ailleurs, que fera-t-on des résolutions qui seront prises ? Probablement rien comme l’on a vu avec les états généraux de la communication de 2012 et 1994, les états généraux du sport et de l’éducation physique de novembre 2010. Je n’oublie pas les états généraux du hip-hop organisés le 25 novembre 2011 à Limbé. Triste !

Je porte plainte contre ceux qui se précipitent pour faire la photo d’un accidenté pour balancer le premier sur Facebook au lieu de secourir la victime. Avez-vous déjà vu, un seul jour, des images de sang ou des débris de chair humaine après une catastrophe dans un pays d’Europe (Attentats de Paris, Charlie hebdo, Belgique, Allemagne, etc.) ? Chers frères, soyons responsables !   

Je pourrai passer des jours, semaines et des mois à soumettre mes plaintes. Mais, je préfère m’arrêter là pour aujourd’hui. Il est temps de refaire un check-up personnel, d’interroger nos consciences et nos actes. Ce n’est qu’ainsi qu’on sortira des ténébres pour la lumière tant espérée.

Frank William Batchou

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Frank William Batchou

Jeune camerounais dynamique et travailleur. Homme à plusieurs casquettes : Journaliste, Blogueur, Social media, manager de l’artiste PAPY ANZA et co-founder de F Square Corporation

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